Bobo coaching sur France info radio

Dans la nuit du 10 au 11 avril 2017, le camp de Grande Synthe qui accueillait 1500 migrants a été incendié à la suite d’une violente rixe entre groupes ethniques afghans et kurdes irakiens. Construit à l’initiative d’une élue d’Europe Écologie Les Verts et de Médecins sans Frontières, ce camp composé de 360 cabanons en bois a coûté 3 millions d’euros. Les tensions n’étaient pas ignorées des services de l’État : lire ici. Nombre de Français découvrent la situation d’un camp dont la gestion quotidienne était assumée sur des bases ethniques. Une incongruité au cœur de la République. Le camp était devenu un bidonville. Mardi 11 avril, France info consacre justement son émission info Médias, présentée par Didier Si Ammour et diffusée à plusieurs reprises dans la journée, à la question des migrants. Titre  : « Jungle » de Calais, deux documentaires interrogent sur le destin des migrants. L’émission évoque des documentaires diffusés le soir même sur France 5 et invite les réalisateurs. Ces reportages « nous permettent de vivre les espoirs, les attentes, les craintes de ces réfugiés » et de nous pencher sur la situation des mineurs « venus de Syrie, d’Afghanistan et du Pakistan ». Le Nigéria, principal pays d’origine des migrants alors présents à Calais n’est pas cité. 7 minutes de propagande. La question est : « oui ou non, la France est-elle encore une terre d’accueil ? », selon l’un des invités. Coups de feu sur les locaux devant accueillir des migrants « avant même leur arrivée » ici, « tensions » là, les documentaires parlent de localités où l’on « savait que des migrants allaient arriver ». Première nouvelle. Il y aurait « une France de l’hospitalité et une France de l’hostilité ». Le Bien. Le Mal. Une journaliste demande si « cela met en cause la France patrie des droits de l’Homme ? ». La réponse est oui. « La France est-elle la patrie des droits de l’enfant quand on voit la situation des mineurs de Calais ? » demande-t-on. « Les gamins sont livrés à eux-mêmes sans aucune protection de la part de l’État ». Pas de mise en situation. Culpabilité, point barre. Le véritable enjeu « c’est la demande d’asile ». Question : « D’après ce que vous racontez, on a l’impression que le plus dur c’est en France ? ». Réponse : « oui, on pourrait imaginer qu’après avoir traversé la Méditerranée dans un petit canot, avoir traversé l’Europe à pieds, seuls sans leurs parents » (…) « on pouvait espérer qu’en arrivant la fin du cauchemar allait être là, et nan ». Larmes dans les embouteillages. La faute à qui ? À la France : « Les textes ne sont pas appliqués. L’État a l’obligation de donner à ces enfants un logement, une éducation et un accès à la santé ». Conclusion : « Les migrants que j’ai pu suivre ont tous envie de s’inscrire dans un avenir en France, ils croient en la France, ils ont envie de rester en France, ils ont envie de se reconstruire ici en France et ils ont une détermination pour cela et une énergie très forte ». Bobo coaching sur la radio publique.  Le jeu joué ici n’est malheureusement pas isolé. Et toujours aux frais de la redevance payé par tous.