L’Émission Politique ? Les arroseurs du pujadisme arrosés !

 

Parmi les représentants de la société civile invités à intervenir lors de L’Émission Politique consacrée à Macron le jeudi 6 avril 2017 sur France 2, Barbara Lefebvre. Elle est enseignante en histoire-géographie dans un collège, auteur d’ouvrages sur l’enseignement de l’histoire dans l’Éducation Nationale, sur la pratique de l’enseignement des génocides et co-auteur des Territoires perdus de la République, livre qui fit date et embêta beaucoup les médias officiels. Elle est aussi spécialiste des questions de handicap à l’école. L’intervention de Barbara Lefebvre fait vite polémique. L’enseignante avait été choisie pour interpeller le candidat Macron sur ses propos tenus en Algérie au sujet de la colonisation. En direct, France 2 est prévenue que Barbara Lefebvre serait un soutien « masqué » de François Fillon. La minute est grave. La manipulatrice Émission Politique manipulée ? L’arroseuse en propagande libérale libertaire arrosée ? Karim Rissouli, par ailleurs activiste politique sur France 5, contributeur habitué du pujadisme ambiant, soutien officiel de tout candidat libéral libertaire avéré interroge Barbara Lefebvre : est-elle un soutien officiel de François Fillon ? L’enseignante affirme que non.

L’épreuve du « radar »

Après l’émission, Rissouli accuse l’enseignante de lui avoir menti, d’avoir caché son appartenance au camp Fillon lors de la préparation de l’émission. « Elle est passé sous le radar », dit Rissouli à Télé Obs. Cette phrase résume à elle seule les pratiques manipulatoires de L’Émission politique. Car Barbara Lefebvre s’est prêtée au jeu de la préparation de l’émission, faite avec le laxisme et l’absence de conscience professionnelle qui caractérisent les médias de service public depuis des années. Et le pujadisme à l’œuvre sur France 2 n’en est pas à son coup d’essai. L’Émission politique du 9 février 2017 consacrée à Marine Le Pen en a été un bon exemple, avec le choix d’une patronne de PME incapable de laisser répondre son interlocutrice, toute occupée qu’elle était à accuser la candidate de vouloir détruire l’économie française. Sous le regard heureux des animateurs. La pratique Pujadiste est ancienne, on la trouvait déjà dans Des Paroles et des Actes comme le montre cet exemple caricatural. D’habitude, les animateurs des émissions de Pujadas invitent des « citoyens » ayant pour rôle de casser du sucre sur le dos des politiques qu’ils combattent. Dans ces cas-là, la politisation de leurs invités est soigneusement et volontairement cachée. Barbara Lefebvre explique avec ironie dans le Figarovox avoir été victime d’un « inquisiteur » en la personne de Karim Rissouli, ce que tout téléspectateur de bonne foi vérifiera sans peine. L’enseignante démonte le fonctionnement militant de l’émission : « Oui, il faut suivre le programme prévu… car le contenu de mon propos, mes arguments même, étaient connus de l’équipe qui m’avait demandé de les leur fournir avant l’émission. Il ne faut pas sortir des clous, sinon on vous cloue … le bec ou au pilori ».

Karim Rissouli juge et partie

Karim Rissouli l’inquisiteur liberal libertaire ne semble pas s’apercevoir qu’il pratique au quotidien ce qu’il reproche à Barbara Lefebvre : être juge et partie. Sauf que ce monsieur est censé être journaliste et est payé par nos impôts. Tandis que la citoyenne invitée doit être libre de ses opinions. Barbara Lefebvre : « Seul Karim Rissouli m’a interrogé sur mes positions politiques par cette unique question « êtes-vous encartée ? ». Je ne le suis pas. Il ne m’a rien demandé d’autre. Profilage politique express. Depuis le buzz de « la filloniste cachée », il explique que, comme toujours avec ce type d’invités, France 2 mène des investigations sur Internet. Ils ont vérifié mon compte Facebook et twitter, tout était normal, clean. Hélas, je n’ai ni page Facebook ni compte twitter ! ». Ces mots résument l’état du journalisme de service public en France. Critiquant sans cesse la saleté de la campagne présidentielle, nombre de journalistes du service public, de France Culture à France info en passant par France 2, France 5 ou France Inter ne paraissent pas s’apercevoir du rôle délétère qu’ils jouent dans l’état de la vie politique de notre pays. C’est qu’ils ne sont pas journalistes mais plus simplement militants politiques à voix et couleur uniques. Alors arroseurs arrosés Pujadas/Rissouli/Salamé le 6 avril dernier ? Peut-être bien. Barbara Lefebvre indique dans le Figarovox que cette expérience l’a transformée en soutien de Fillon… Au corps défendant du service public que vous financez.