Bientôt 20 ans que Bourmeau a de La Suite dans les idées

Sylvain Bourmeau est passé par les mêmes cantines que la plupart de ses comparses du journalisme bobo parisien : Les Inrocks, Libération, France Culture, Médiapart, France 2… Il produit l’émission La Suite dans les idées sur France Culture depuis 1999.

Un petit groupe de journalistes de gauche ont une longévité extraordinaire sur les médias de service public. Ils y font leur nid militant. À l’image d’un Sylvain Bourmeau ayant de La Suite dans les idées depuis bientôt 20 ans.

De la suite dans les idées… de gauche

L’émission est diffusée chaque samedi de 13 h 30 à 14 h. Son but ? « Contribuer à alimenter le débat public par les travaux les plus récents des sciences humaines et sociales ». Alimenter le débat public de gauche, avec des idées de gauche et des invités de gauche. Ainsi, début mars 2017 : face au populisme, le populisme ?. L’axe ? « Contre le populisme d’extrême droite, certains n’hésitent plus à revendiquer un populisme à gauche de la gauche ». L’invité ? Éric Fassin, pour qui cette revendication est « une double erreur, théorique et politique ». On est bien, on est entre gens de gauche.

Le populisme ? Un double poison

Sylvain Bourmeau : « Populisme. Longtemps utilisé pour stigmatiser la démagogie de mouvements d’extrême droite, ce mot a récemment pu changer d’usage et même être revendiqué depuis la gauche par certains philosophes politiques, et même par certains responsables politiques comme Jean-Luc Mélenchon ». « Récemment », c’est approximatif : la détermination d’une gauche populiste par le philosophe Ernesto Laclau date de 15 ans. Comme nombre de ses confrères, Sylvain Bourmeau juge « nouveau » une chose dont il vient, lui, de s’apercevoir. Caractéristique du narcissisme bobo. Le populisme, c’est dangereux. Fassin est là pour le démontrer. Éric Fassin a son rond de serviette sur France Culture, comme le montre cette page. Pour lui, le populisme c’est « prétendre parler à la place du peuple, prétendre refléter le peuple, prétendre être l’incarnation du peuple ». C’est dangereux, insiste-t-il. Pourquoi ? Car cela efface « la nature même du travail politique qui est la production d’un peuple ». Tout est construit, on vous le dit depuis les années 70. Le peuple aussi. On ne naît pas peuple, on le devient.

« Ne pas confondre le peuple et le populisme »

« Le danger est double. Le mot permet de disqualifier des acteurs politiques de gauche au nom du fait qu’ils participeraient d’un populisme en partage avec l’extrême droite mais aussi de disqualifier les classes populaires ». Inquiétude : ceux qui utilisent ce mot veulent affirmer que les ouvriers seraient électeurs du FN. Pour Sylvain Bourmeau, c’est faux : ce n’est « qu’un certain type d’ouvriers, des gens dont l’imaginaire politique est proche des petits patrons… ». Des cons, en somme. Fantôme de Poujade. Ce qui serait faux ? Que « des bataillons entiers d’anciens électeurs du parti communiste aient basculé du côté du FN ». Le 1er tour des présidentielles montrera pourtant ce que Sylvain Bourmeau conteste ici par avance. Ce qui gêne ? Le « gaucho-lepénisme ». Un humain de gauche, cela ne peut pas voter FN. Et accepter un « populisme de gauche » ne conduit qu’à une chose : amener des populistes libéraux au pouvoir. La Suite dans les idées, l’émission qui veille sur la pureté de vos idées : « le populisme est l’instrument du néo-libéralisme ».

À ce point d’aveuglement et d’éloignement du réel, ici comme dans Le grain à moudre, on voit combien ces analystes rémunérés par le contribuable ne comprennent… plus rien au vote de ces mêmes contribuables. Un exemple ? Éric Fassin l’affirme : aux États-Unis, « ce ne sont pas les classes populaires qui ont élu Trump. Ce n’est pas un vote populaire, même chez les blancs ».  Puisqu’il le dit… on continue de l’inviter ? C’est vous qui offrez